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Conseil municipal du 16 décembre 2011 à Saint-Médard : intervention sur la couverture des zones blanches en haut débit hertzien

Monsieur le Maire, Chers collègues,

A l’occasion de ce débat budgétaire, je voudrais revenir sur l’un de vos projets pour l’exercice 2012. Celui de la couverture des zones blanches par une solution de haut-débit hertzien.

Lors du dernier conseil municipal du 16 novembre 2011, vous nous avez présenté une délibération qui vient clôturer la procédure de dialogue compétitif que vous aviez lancé. D’après vous, une seule des sociétés en concurrence présentait une solution correspondant à votre cahier des charges, la société Altitude Infrastructures.

Ni votre délibération ni votre présentation orale n’en disait guère plus. En résumé, notre groupe vous avait interpellé sur plusieurs points. Nous avions émis des critiques qui se sont révélées quelques jours plus tard tout à fait fondées.

En effet, il a fallu attendre le 8 décembre lors d’une réunion de concertation à Magudas, pour en savoir plus sur ce dossier.

Sur la méthode de concertation tout d’abord, nous nous étonnons qu’une seule réunion avec la population soit organisée sur ce sujet. Quand on sait que 3200 foyers sont touchés par le problème d’accès au haut débit, le minimum aurait été de réaliser au moins deux autres réunions pour Issac et Corbiac, quartiers tout aussi touchés par ce problème. Ceci dit, vu l’ambiance de la salle, je comprends que vous ne vouliez pas le refaire trop souvent.

Sur le fond, je commencerai par évoquer le problème des infrastructures. Nous sentons bien dans la population des craintes quant à l’émission d’ondes potentiellement dangereuses pour la santé. Vous vous êtes engagés à ce que les installations se limitent aux trois pylônes existants pour la téléphonie mobile. Cet engagement est-il rassurant ? Oui. Est-il suffisant ? Non. Le problème n’est pas uniquement le nombre de pylônes mais aussi l’intensité des ondes qu’ils émettent. Si vous doublez les ondes émises en installant ce service, vous multipliez d’autant le facteur risque pour les populations environnantes. Notamment les jeunes et les personnes radio-sensibles. Rappelons que l’un de ces pylônes est situé en face d’une école. Vous pourrez faire venir tous les professeurs et les scientifiques du monde, il n’empêche q’en tant qu’élus nous avons un devoir de précaution. A ce titre, vous noterez que les militants d’Europe Ecologie, Marie Bové en tête, que vous ne pouvez pas soupçonner de collusion avec nous, mènent un combat acharné à Bordeaux contre l’implantation d’une antenne de Free.

Par ailleurs en terme d’efficacité, il n’en reste pas moins qu’il y aura toujours des zones d’ombre. Lors de cette fameuse réunion, dite de concertation, nous avons appris que de nombreux foyers ne seraient de toutes façons pas éligibles. Plus inquiétant encore, l’étude d’éligibilité ne pourra avoir lieu qu’après installation des antennes et du service chez l’habitant. Bref, un vrai coup de poker pour estimer le nombre réel de foyers qui pourraient potentiellement utiliser votre solution.

Une fois la question des infrastructures étudiée, il faut s’intéresser à l’offre de contenu, notamment l’offre commerciale qui est proposée. Et sur ce point, autant dire qu’il vaut mieux aller à vos réunions de concertation qu’en conseil municipal puisque nous y avons appris que la délibération du 16 novembre était largement inexacte. Alors que vous nous aviez fait rêver en annonçant une offre triple play à prix raisonnable c’est tout le contraire qui a été présenté.

Tout d’abord, pas de télévision proposée avec la wi-box. Sauf avec le forfait à 99 euros. Mais je le mets de côté tant il est absurde de l’évoquer. Nous l’avions dit ! Et d’ailleurs vous aviez bondi quand nous l’avions fait : avec votre solution c’était impossible de proposer un bouquet TV.

Hélas pour les administrés, à offre équivalente Internet + téléphone illimité fixes et mobiles, le prix est de 35,98 € chez free et 49,90 € chez wibox soit 39 % de plus !

Mieux, chez Orange, pour 34,90 €, l’opérateur vous propose, si vous êtes en zone blanche, une solution ADSL, téléphone illimité et Télévision par satellite ! Ajouter à ça qu’Orange, lui, vous garantie un service et un débit minimum alors pourquoi payer 43% plus cher pour moins de services ? Nous nous le demandons toujours.

Sans compter qu’à la différence de tous les autres Fournisseurs d’Accés, wi-box ne rembourse pas le coût de résiliation de l’abonnement actuel. La note est au final très salée.

Si les habitants peuvent en principe utiliser un autre service que la wi-box sur ce réseau, c’est en pratique faux. Aucun autre fournisseur n’ira sur ce marché et les consommateurs seront pieds et points liés, sans possibilité de faire jouer la concurrence.

Autre question qui se pose, quelle sera la qualité réelle du service ? Les flux hertzien sont fragiles et peuvent être perturbés par des facteurs externes comme la pluie, le brouillard, les charpentes, les obstacle divers, les arbres et évidemment les zones militaires !

Aucun débit minimum n’est donc garanti. Les habitants verront bien leur débit quand ils auront payé leur abonnement me direz vous. Le fournisseur argumente en disant que sur une journée les flux ne sont pas constants. Sauf qu’en zone d’habitation comme les nôtres, tout le monde utilise internet entre 18h et 23h. Le débit sera donc extrêmement saturé et on peut craindre que le service ne sera pas digne de s’appeler haut débit. Soyons bien conscients que le débit de 6 mégas dont on parle est bien un débit maximum, pas un débit réel qui pourrait, lui, avoisiner les 2 ou 3 mégas…

Financièrement c’est la double peine pour les saint-médardais auxquels vous voulez venir en aide : des forfaits hors de prix et 200 000 euros d’argent public pour l’installation du service !

La commune aurait due exploiter d’autres solutions comme la négociation avec les opérateurs pour transformer les sous répartiteurs en répartiteurs ou a minima l’installation de répétiteurs. Le programme NRA Zone d’ombre, notamment déployé par le Conseil Général a-t-il était étudié ?

Sans réponse de votre part sur tous ces points, nous souhaitons exprimer notre déception. Que vous vous empariez enfin de ce dossier paraissait être une bonne chose. Mais force est de constater que toutes les pistes n’ont pas été exploitées, et en tous cas, pas les bonnes !

Votre devoir est maintenant d’obtenir que la fibre optique équipe tous les foyers saint-médardais dans les prochaines années. Avec le déploiement de votre solution, c’est une condamnation à long terme pour les habitants de Magudas, Issac et Corbiac à qui les opérateurs privés expliqueront qu’ils sont déjà équipés du haut débit. Alors que tous les saint-médardais se verront équipés d’une Ferrari dans quelques années, eux seront obligés de se contenter de la vieille 2 chevaux que vous êtes en train de leur offrir à leurs frais !

Je vous remercie.

Sud-Ouest – Saint Médard en Jalles : La solution hertzienne

Dans Sud-Ouest, le 21 novembre 2011, Par Hervé Pons

Saint-Médard-en-Jalles

La solution hertzienne

En attendant la fibre optique dans huit ans, la Ville envisage une couverture par radio.

 3 200 foyers ont de grandes difficultés à obtenir une connexion de qualité.  archives SUD Ouest

3 200 foyers ont de grandes difficultés à obtenir une connexion de qualité. archives SUD Ouest

Aujourd’hui, 3 200 foyers saint-médardais ne disposent pas d’une connexion Internet satisfaisante. Les quartiers déficitaires sont Issac, Magudas, et en grande partie Corbiac. Ce qui est préjudiciable aux familles autant qu’aux entreprises.

Le vote du Conseil municipal de mercredi (voir nos précédentes éditions) devrait conduire à une solution que l’élu aux nouvelles technologies, Jacques Guichoux, présente comme « innovante et exemplaire ». Le projet est également porté par l’adjoint aux finances Bernard Cases.

Exemplaire dans les deux sens du terme, précise M. Guichoux : « Elle ne doit pas être critiquable, et doit ouvrir la voie à d’autres communes. Le président de la CUB Vincent Feltesse s’est montré très intéressé par la solution que nous envisageons de mettre en place ».

Le temps de la concertation

Pour l’heure, la décision du Conseil municipal « clôture le dialogue compétitif ». En clair, elle arrête un choix de solution et d’entreprise, ouvert en avril 2011.

Il s’agira d’assurer, à partir de trois pylônes GSM (téléphone portable) existants, et du château d’eau de Saint-Aubin déjà équipé, une couverture par radio (hertzienne) de la zone de carence. Cette solution a été rendue possible par la libération par les militaires d’une bande de fréquence qui portera l’ADSL. Le résultat serait de 6 mégabits, promet l’entreprise pressentie, Altitude Infrastructure. Son expérience sur d’autres villes apporte une crédibilité à ce bon résultat annoncé.

Chez l’abonné, l’actuelle box sera remplacée par une wi-box et une antenne, avec des prix d’abonnement qui iront de 30 à 50 euros, selon le bouquet de services choisis (téléphone, débit 6 MB, télé). La contribution de la commune sera d’environ 200 000 euros.

Reste que la ville souhaite qu’il n’y ait pas de zone d’ombre… dans les esprits. « Nous allons ouvrir une concertation assortie d’une information faite aux habitants, en invitant des spécialistes à venir s’exprimer », poursuit Jacques Guichoux qui, tout en étant persuadé que cette solution est la bonne, n’ignore pas que la route peut comporter des embûches, humains sinon techniques, désormais. « L’entreprise nous dit qu’elle atteindrait l’équilibre avec 300 abonnés, sur un potentiel de plus de 3 000 ».

Reste aussi une autre solution : ne rien faire… en attendant l’arrivée de la fibre optique à l’horizon 2020. Pour Jacques Guichoux et Bernard Cases, on ne peut plus attendre.

Les réserves de l’opposition

L’opposition, par la voix de Pierre Braun, s’est toutefois montrée moins enthousiaste que les porteurs du projet lors du Conseil municipal. Ses interrogations et réaction sont les suivantes : « Voici un dossier que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. De perte de temps en perte de temps, elle arrive bien tard. Le fiasco de votre wimax a fait perdre un temps précieux. Les solutions que vous proposez sont-elles enfin sérieuses ? Sans doute pas complètement à notre avis. Il nous paraît difficilement réalisable d’assurer un débit de 6 mégas par voie aérienne, quand on connaît le taux de déperdition de ce mode de communication, et donc impossible de proposer une offre triple play fonctionnelle ».

« Enfin, avez-vous pris les garanties pour vous assurer que ces zones seront bien équipées de la fibre optique en même temps que le reste de la commune ? Ces zones ne seront-elles pas mises à l’index, considérant que le haut débit y est déjà ? »

Jacques Guichoux répond que la solution hertzienne n’était pas envisageable tant que la fréquence n’était pas disponible.

Voilà qui annonce de nouveaux débats. Mais si tout se passe comme prévu, l’ADSL devrait fonctionner au bout d’Issac à l’été 2012.

Intervention sur la couverture des zones non desservies par le haut débit lors du conseil municipal de Saint-Médard

Lors du Conseil municipal de Saint-Médard-en-Jalles du 16 novembre 2011, l’exécutif a soumis une délibération visant à apporter une solution aux habitants dont la résidence n’est pas couverte par l’ADSL. Voici mon intervention à l’occasion de ce débat :

Monsieur le Maire, chers collègues,

Voici un dossier que nous attendions et que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. De perte de temps en perte de temps, elle n’arrive hélas qu’aujourd’hui, bien tard. Comment ne pas citer le fiasco de votre wimax qui nous a fait perdre un temps précieux ? La couverture des zones blanches aurait mérité qu’on étudie des solutions sérieuses dès le départ.

Alors les solutions que vous nous proposez sont-elles enfin sérieuses ? Sans doute pas complètement à notre avis. Il nous parait difficilement réalisable d’assurer un débit de 6 Méga par voie aérienne, quand on connait le taux de déperdition de mode de communication, et donc impossible de proposer une offre triple play fonctionnelle. Sauf à installer des antennes dans tous les jardins !

Par ailleurs, vous ne nous donnez pas d’indications sur le prix du forfait. Si ces zones sont blanches, c’est qu’elles ne sont pas rentables commercialement. A quel prix commencera la rentabilité ? 50, 60 euros par foyer ? Plus ?

Enfin, nous souhaiterions savoir si vous avez pris les garanties nécessaires pour vous assurer que ces zones seront bien équipées de la fibre optique en même temps que le reste de la commune ? Ces zones ne seront-elles pas mises à l’index, considérant que le haut débit y est déjà ? En effet, en vous suivant sur cette délibération, nous avons peur de condamner les habitants de ces zones blanches à long terme et qu’elles doivent se contenter d’une solution bancale les quinze prochaines années, alors que le reste de nos concitoyens aura déjà le très haut débit depuis longtemps.

Le mieux étant l’ennemi du bien, et sachant parfaitement que vous ne nous proposerez pas mieux, nous voterons cette délibération par solidarité avec les populations concernées.

Je vous remercie.