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Sud-Ouest : Le centre aime les jalles

logo sud ouestArticle publié dans Sud-Ouest le 30/04/2013 par Hervé Pons

Le centre aime les jalles

C’est une première sur l’agglomération : Jalles au Centre rassemble les centristes du Modem et du Parti radical du canton dans une pépinière d’idées préélectorale.

Jalles au centre

Hier matin, les dirigeants départementaux du Modem et de l’UDI, respectivement Joan Taris et Nathalie Delattre, ont porté sur les fonts baptismaux « Jalles au Centre », première association de cette nature sur la CUB.

Première sur l’agglomération bordelaise mais pas en Gironde, la « structure mère » Gironde au Centre ayant enfanté de Sud-Gironde au Centre, Bassin au Centre, Médoc au Centre, Libourne au Centre et Entre-deux-Mers au Centre.

Nathalie Delattre et Joan Taris étaient accompagnés d’une partie des centristes des quatre communes du canton, des têtes connues et de nouveaux venus. Pour Saint-Médard Pierre Braun, Danièle Layrisse et Geoffrey Claudin ; à Saint-Aubin Philippe Bouchard ; au Taillan Agnès Laurence, Danièle Turpin et Michel Rondi (1). Les uns revendiquent leur appartenance au Modem de Bayrou, les autres à l’UDI de Borloo, d’autres encore sont sans étiquette, « société civile » comme on dit.

« De minces différences »

Ils ont expliqué que « nos différences sont plus minces que ce qui nous rassemble » ; ont insisté sur la réalité (illustrée sur le terrain municipal) de l’Union de la droite et du centre dans Communauté d’avenir que pilote Alain Juppé.

Si les centristes sont décidés à parler d’une seule voix (ce sera plus clair dans un centre pluriel), ils feront aussi valoir leurs spécificités au sein de l’union avec l’UMP.

Dans un premier temps, Jalles au Centre sera un collectif d’échanges et d’idées sur les quatre communes, avec l’objectif de rassembler sans grand souci d’étiquettes, d’ouvrir les rangs à de nouveaux venus et à des jeunes en particulier (c’est déjà le cas) puis de lancer la machine électorale. Ce n’est pas un hasard si Jalles au Centre a vu le jour à Saint-Médard : les centristes y sont bien implantés, et de longue date avec Jaques Mangon qui guerroie depuis deux mandats contre le PS aux manettes.

Le gouvernement faussement remanié

Ce soir à 20h15, après 4 mois d’attente, la montagne a enfin accouché d’une souris ! Le « nouveau » Gouvernement Fillon est arrivé.

En tant qu’élu local de la Communauté Urbaine de Bordeaux, il y a tout de même une petite nouveauté qui attire mon attention : l’entrée d’Alain Juppé dans le Gouvernement.

Alain Juppé fait son retour au Gouvernement

La présence d’Alain Juppé dans cette équipe aurait pu redonner un peu de crédibilité et de sérieux à ce Gouvernement si on ne partait pas de si bas, et si ça n’était pas à la Défense. C’est un homme de rigueur et de travail qui ne se contente pas de réagir aux faits divers par des lois, ou de créer des débats de société pour faire des écrans de fumée.

Alain Juppé est un vrai républicain, loin des dérives bling bling auxquelles on assiste depuis 2007. Il a un profond respect pour ses concitoyens et c’est aujourd’hui pour cette raison qu’il fait le choix de revenir au Gouvernement. J’estime que c’est tout à son honneur et ne doute pas qu’il restera aussi le Maire dont tous les bordelais ont besoin. Lors des élections municipales de 2008, les bordelais savaient qu’ils élisaient un Homme d’Etat, ils ne doivent pas être étonnés de ce choix.

Quelques ajustement qui ne modifieront pas la politique du Président

Hélas, l’Etat est aujourd’hui gouverné de manière hyper-présidentielle. Le changement de quelques ministres n’y changera rien. Les passages en force, les réformes irresponsables, le manque d’ambition pour l’Education, l’incapacité à relocaliser l’industrie resteront. L’Etat impartial restera.

Et l’exclusion des « centristes » de la majorité présidentielle

Par la composition de son « nouveau » gouvernement, Nicolas Sarkozy a montré aux « centristes », qui s’étaient ralliés à la majorité présidentielle, qu’ils ne lui servent plus à rien. Seul Michel Mercier, nouveau ministre de la justice, sera là pour représenter les valeurs du centre, mais il se sentira sans doute bien seul dans l’Etat UMP !

Espérons que ce désaveu soit l’occasion, pour ces « centristes » de la majorité présidentielle, d’ouvrir les yeux et de participer maintenant à la reconstruction d’un centre fort derrière François Bayrou.

Stop aux idées reçues à propos de Villepin : non ce n’est pas un centriste !

Le 19 juin dernier, Dominique de Villepin lançait  son mouvement : République Solidaire. Ce nouveau parti est une composante de l’UMP. Pourtant, depuis quelques mois, l’ancien Premier Ministre et son entourage essayent de se donner une image modérée, une image de… centriste ! Et le pire c’est que le message a l’air de s’installer dans l’inconscient collectif. Il semble donc important de faire quelques constats afin de rétablir la vérité.

Non Dominique de Villepin n’a pas des idées centristes. Il est le vrai fils de la famille gaulliste et c’est une chose que je respecte. Dans la droite ligne d’un Chirac, il a cette fibre sociale particulière tout en acceptant les règles du libéralisme mondialisé. Il est de droite et c’est tout. Ce n’est pas un gros mot et justement je ne suis pas à l’aise avec les gens qui ne s’assument pas. C’est un délire de communicants (avec tout le respect que j’ai pour les communicants !) de vouloir le repeindre en centriste.  C’est une posture politicienne. Évidemment, tout le monde aura compris que c’est le seul créneau politique à occuper pour lui en ce moment, en préparation des présidentielles, mais c’est une tromperie. L’homme du CPE, celui qui était sourd aux alertes de la rue et des élus (dont il ne fait pas partie) n’est pas centriste.

Non on ne peut pas dire Villepin-Bayrou « même combat » : oui ces deux hommes ont des points communs. Ils ont tous deux démontré des qualités de combativité, une grande pugnacité. Ils partagent sans nul doute une idée de la France et de la place que notre pays doit tenir sur la scène internationale. Tous deux ambitionnent la Présidence de la République et sont des concurrents offensifs de Nicolas Sarkozy. Pourtant, de nombreuses choses les séparent, à commencer par leurs idées et leur philosophie politique. L’un est gaulliste, l’autre démocrate(-chrétien). François Bayrou veut gouverner avec toutes les forces constructives et républicaines, alors que Dominique de Villepin est l’homme d’un camp et en cas de victoire il serait aussitôt tenu par l’appareil UMP.

Non Dominique de Villepin n’est pas contre le bipartisme et pour cause : il est adhérent de l’UMP. L’UMP, c’est à dire l’incarnation du bipartisme. Ce parti est né sur les ruines du RPR, de la volonté de réduire la vie politique à l’UMP et au PS. L’ironie c’est qu’il est bloqué aujourd’hui par un bipartisme dont il aura absolument besoin s’il devient Président de la République. Il n’est donc absolument pas idéologiquement contre le bipartisme mais a  juste un problème conjoncturel avec ce système.

La communication doit être au service de l’action politique. Je trouve grotesque d’aller faire le tour des fermes pour se repeindre en Chirac et de se faire passer pour un centriste parce qu’il y a un créneau à occuper. Au fond, je pense de toutes façons qu’il n’ira jamais jusqu’à une candidature à l’élection suprême, il n’en aura pas les moyens et aura atteint son objectif minimum : faire monter les enchères dans son parti pour exister de nouveau au premier plan.

Je n’ai rien contre l’homme Dominique de Villepin dont je garde l’image de celui qui a incarné les valeurs de la France lors de son discours enflammé à l’ONU à propos de la guerre en Irak. Il a ce jour là montré qu’il avait l’étoffe d’un Chef d’Etat. Néanmoins, il ne représente pas pour moi  la famille centriste à laquelle je voue mon engagement et n’en a pas les idées..