Sud-Ouest : Tensions autour de manques financiers

Article paru dans Sud-Ouest le 28 juin 2014 par Hervé Pons

logo sud ouestLa précédente majorité a laissé un excédent de 1,4 million mais il faut piocher dedans pour assurer l’équilibre.

 

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Le Conseil municipal de jeudi soir a donné lieu à une montée en pression entre la majorité et l’opposition, certes moins forte que lors de la séance précédente (celle du 22 mai), qui s’était déroulée en présence de l’ancien maire, Serge Lamaison, dans le rôle de leader de l’opposition. Leader en théorie : son absence jeudi soir (Serge Lamaison n’a été présent qu’une fois depuis le début du mandat) a conduit à un partage de la parole entre ses colistiers Bernard Cases, Bruno Cristofoli, Christine Moebs, Jacques Guichoux et Marc Morisset.

Dans la majorité, ce sont le maire Jacques Mangon et l’adjoint aux finances Antoine Augé qui se sont exprimés pour l’essentiel, Corinne Le Moller traitant de la question des rythmes scolaires et Pierre Braun de celle de sa délégation sports et associations.

S’il fut beaucoup question de budget, Antoine Augé eut l’heureuse initiative de ne pas assommer l’auditoire par une avalanche de chiffres, préférant traduire la situation économique en propos compréhensibles par tous.

« Insincérité budgétaire »

Le seul chiffre donné a été celui de 1,4 million d’euros d’excédent laissé par la précédente équipe. Ce qui est plutôt bien. Sauf qu’Antoine Augé « a découvert » qu’il manquait 650 000 euros pour financer les travaux de l’ensemble sportif Cosec, 230 000 euros pour boucler le budget des repas préparés par la cuisine centrale. « Nous ne disposons donc plus que du tiers de l’excédent puisqu’il nous faut combler des trous. » Le premier adjoint aux finances n’y est pas alors allé par quatre chemins : « Le budget primitif de l’ancienne municipalité est d’une insuffisance notoire, voire frappé d’une insincérité budgétaire. Du coup, nos projets vont devoir être revus à la baisse : on ne s’attendait pas à trouver cela. »

Antoine Augé a énuméré ce qu’il sera toutefois possible de réaliser dans l’immédiat ou dans un proche avenir : deux mairies annexes à Issac et Magudas, avec des services de proximité, une charte architecturale qui assure « harmonie et cohérence » dans les constructions, une étude pour la modernisation de l’accueil à l’hôtel de ville et la mise en ligne des débats municipaux, « symbole de notre politique de transparence ».

« C’est un peu maigre », a conclu l’adjoint aux finances, qui a ajouté qu’aux difficultés du budget saint-médardais s’ajoute la baisse, « d’une ampleur inédite », des dotations de l’État.

« La dette a baissé »

Réaction de Bernard Cases, l’élu aux finances dans la précédente majorité : « Je constate que la campagne électorale n’est pas encore terminée. On vous laisse 1,4 million, et vous ne voyez que les éléments financiers défavorables. Ce qui ne vous a pas empêché d’octroyer 60 000 euros au cabinet du maire et à la communication. Pour financer ce budget supplémentaire, vous n’avez pas trouvé d’autre solution que de puiser dans les recettes exceptionnelles : vous consommez déjà vos poires pour la soif ! Avec la hausse des coûts du personnel, vous découvrez une réalité que vous niiez quand vous étiez dans l’opposition : proposer des nouveaux services, c’est augmenter les coûts. »

Et Bernard Cases de poursuivre : « Il m’est difficile de vous entendre parler d’insincérité quand on voit que la dette a baissé de 30 % et qu’on vous a laissé une ville très bien gérée. » Un débat nourri par plusieurs intervenants des deux camps s’est instauré. Avec une nouveauté une fois la séance levée, un « verre républicain » qui a rassemblé élus et public.

Les autres dossiers dans une prochaine édition.

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