Mon choix pour le second tour : un vote blanc de conviction
Le second tour de l’élection présidentielle a lieu dimanche. En tant qu’élu local et responsable d’un mouvement politique, je me sens tenu de rendre public ce qui sera mon choix dans l’isoloir.
Pendant quatre mois, j’ai animé, avec une formidable équipe, la campagne de François BAYROU dans le département. Je me sens pleinement imprégné à ce jour des idées que nous avons défendu.
La politique en matière économique et financière me parait donc terriblement importante. Depuis 2002, François BAYROU est le seul à parler de la réduction des déficits publics, avant même la crise de la dette des États dans la zone euro. Nicolas SARKOZY a démontré sa capacité à prendre des décisions désastreuses dans ce domaine, particulièrement en début de mandat, en faisant le choix d’une fiscalité inéquitable et inefficace. François HOLLANDE, quant à lui, est à quelques jours de nous montrer qu’il est capable d’être au moins aussi mauvais s’il applique son programme : taxes gadgets, refus de la règle d’or, augmentation irresponsable du budget de fonctionnement de l’État…
La moralisation et la modernisation de la vie politique est un facteur important de mon choix. Les « affaires » ont émaillé le mandat du Président sortant qui n’en a peut-être pas fini. Je ne sais pas comment se comportera François HOLLANDE et s’il veut réellement améliorer la situation. Je lui laisse le bénéfice du doute. Mais je connais trop d’élus de son parti et leur fonctionnement. Je ne peux imaginer cautionner un système PS national comme on connait en Gironde le système Madrelle ou à Saint-Médard le système Lamaison. De vieilles dynasties autocratiques qui font du clientélisme un art. Rien de moins moral.
La décision est dure à prendre. Il y a onze ans je me suis engagé aux côtés de François BAYROU dans un parti démocrate, social et européen. Aujourd’hui je poursuis naturellement cet engagement en décidant de voter « blanc ». Ce n’est pas le choix de la facilité car il suscite des coups de chaque côté. Tant pis, c’est la place d’un bon centriste !
Je suis imperméable à la remise de prix des « bons républicains » décernés par les uns ou les autres. Pour moi voter « blanc » c’est m’engager pour la reconnaissance de ce vote, exprimer mon insatisfaction face à l’offre politique de ce second tour, admettre qu’il n’y a pas un choix pire que l’autre, refuser de donner un chèque en blanc à l’un de ces candidats et enfin réaffirmer l’autonomie du centre.
François BAYROU a fait part de son choix pour François HOLLANDE. Je ne le partage pas. Je ne peux pas apporter un soutien à un candidat en espérant qu’il ne réalise pas son programme. C’est philosophiquement impossible. On ne m’imposera pas de choisir un « moins pire » que l’autre. Ceux qui pensent que François HOLLANDE ne divisera pas les français se trompent. Il le fera différemment de Nicolas SARKOZY, c’est tout. Avec Jean-Luc MELANCHON a ses côtés, comptez sur eux pour opposer les patrons et les salariés, et stigmatiser les gens qui gagnent bien leur vie. L’ascenseur social est déjà suffisamment en panne !
Je n’ai pas de boule de cristal mais je crains que lundi une page aussi sombre que la précédente ne s’ouvre. Pour des raisons différentes. Les conséquences du gouffre du déficit public qui nous attend mettront les gens dans la rue autant que la réforme des retraites l’a fait. Je refuse que Marine le Pen soit alors le seul rempart en ayant été la seule à renvoyer les candidats de second tour dos à dos.
Dimanche, vous aussi, allez voter en votre âme et conscience. C’est un droit précieux.

Il me plait de voir que nous sommes nombreux à partager ce point de vue ainsi que (malheureusement) le vote blanc.
merci Pierre