Elections cantonales 2011 : premier bilan

J+4 après le mini 21 avril de ces élections cantonales. J’en garde un goût amer. Ce scrutin est marqué par une forte abstention, comme on pouvait s’y attendre, mais aussi par les scores importants réalisés par le Front National.

– l’abstention dénote un vrai malaise de notre société. Le décalage entre citoyens et élus est de plus en plus important.

D’un côté les électeurs doivent se rendre compte que leur destin est entre leurs mains. Soit en allant voter parce que rester chez soi n’apporte rien, soit en s’impliquant, en militant et à leur tour en devenant candidat. La politique ne doit pas rester la propriété de quelques élites.

De l’autre côté, les femmes et les hommes politiques doivent relever le niveau ! On nous inflige des débats ras les pâquerettes à longueur de temps dans les médias. Ce n’est pas la seule faute des journalistes. Les élus se complaisent dans les batailles de caniveaux. Cela fini par dégoûter les spectateurs, et surtout ça ne fait pas avancer les vrais débats ! Stop aux débats sur l’islamisation et l’identité nationale ! Vive les débats sur l’emploi, la solidarité inter-générationnelle ou la santé ! Parlons concret. Sinon les jeunes notamment n’y croient plus. Quand des jeunes de 18 ans ne trouvent plus d’emplois, ce sont les autres de 15 ans qui se demandent à quoi bon aller à l’école. Aidons notre jeunesse à y croire de nouveau.

Beaucoup d’électeurs s’intéressent plus à l’image des candidats qu’à ce qu’ils disent vraiment sur le fond. Qui de l’œuf ou de la poule a été le premier ? Les candidats préférant une campagne d’image ou les électeurs n’ayant pas l’envie de s’intéresser à des sujets ennuyeux et pourtant essentiels ?

– la position des démocrates doit être claire face au Front National. Les « consignes de votes » me paraissent aujourd’hui un concept totalement désuet. Les voix de 1er tour n’appartiennent pas aux candidats sur qui elles se sont portées. Pourtant, les candidats doivent par transparence, afficher leurs intentions dans l’isoloir pour le 2nd tour.

En Gironde, nous devons tout d’abord penser à soutenir les candidats de l’opposition à la majorité de Philippe Madrelle. Les candidats « Gironde dynamique et solidaire » sont encore nombreux à être en lice. Leur élection donnerait une grande bouffée d’oxygène démocratique à notre département. Je leur apporte tout mon soutien. Parmi eux : Anne-Marie Cazalet, Yves d’Amécourt, Alain Moga et Aurélien Sebton.

Dans les cas où le Front National est au 2nd tour, ma position est claire et celle du MoDem en Gironde l’est aussi. Celle de François Bayrou l’est tout autant. Pas une voix d’un démocrate ne doit aller à ce parti ou à l’un de ses candidats. La « préférence nationale » n’est pas mon modèle de société. Le repli sur elle même de la France ne fera qu’accentuer nos problèmes quotidiens. Disons le haut et fort.

Tous les partis politiques et les élus doivent se remettre en question à la suite de ces résultats. Y compris les centristes. La montée des extrêmes n’est pas un phénomène anodin. Hélas, ce n’est pas le chemin de la remise en question que nous suivons depuis dimanche soir. PS et UMP ne pensent qu’à continuer de se chamailler et ainsi renforcent les causes du vote FN. L’UMP ne peut pas dire que tout est la faute de la gauche qui s’oppose systématiquement alors que leur fond de commerce permanent est l’immigration. Le PS ne peut rejeter la faute que sur le gouvernement car rappelons qu’ils co-dirigent la France en étant à la tête de la plupart des grandes collectivités locales. Les collectivités sont à ce jour le premier investisseur public… que font-ils eux aussi ?

Je comprends les électeurs qui veulent contester le système. Expliquons leur pour quoi le FN ne répondra pas à leurs attentes et qui sont les vraies alternatives plutôt que de les prendre pour des moutons.

3 réflexions au sujet de « Elections cantonales 2011 : premier bilan »

  1. Je suis pas persuadé que la startégie adoptée par le MOdem sur la gironde avec l’UMP ne contribue pas à élever la politique . J’ai voté Force Aquitaine aux régionales car je croyais en l’indépendance du modem. S’allier avec l’UMP ( car c’est une alliance ) même contre un système PS que je combats et à mon sens un aveu d’échec.Par ce type de décision incompréhensible vous accréditez la thése de tous les mêmes.

  2. Nous sommes ici sur une élection locale, avec un scrutin uninominal. Il s’agit de projets très locaux souvent à l’échelle des cantons et en cela bien différents des régionales. J’étais pour la stratégie d’indépendance de Forces Aquitaine aux deux tours, et ai même d’autant plus participé à cette stratégie que je suis aujourd’hui secrétaire général de Forces Aquitaine.

    Sur des élections municipales ou locales, croyez vous sincèrement qu’une maison de retraite, ou un tramway soit de gauche ou de droite ? Faut-il vraiment porter les enjeux sur des clivages nationaux ? Ne faut-il pas privilégier le bon sens et l’efficacité ?

    Avec le PS je n’aurai rien contre mais encore faudrait-il que je partage avec eux leur mode de gestion du département. Ce n’est pas le cas. Je participe donc à la création d’un projet alternatif.

    Enfin c’est mon avis et j’ai du mal à voir le lien entre le début et la fin de votre démonstration.

  3. communiqué : »incompréhensible …… résultat cantonal, cantonné » et « les analyses de KEG »

    le bon sens semble ne plus exister en politique….

    je ne milite pas pour la reconnaissnce du vote blanc par les politiques, cela ne sera jamais.
    Je milite pour que le vote blanc soit imposé aux politiques par les citoyens.
    A chaque danger électoral, on nous ressort le « tout sauf…. » et le citoyen oublie que le vote blanc est le seul moyen « légal » qaui lui reste pour pouvoir et oser dire « NON ».
    La vie de chaque jour n’est pas faite de droite ou de gauche ou du centre. Elle est faite de réalités concrétes imposées par les droite-gauche-centre.

    Je rêve d’une révolution à l’Islandaise, passée sous silence et pour cause, qui réussit à virer ses gouvernants de droite (cela eut pu être la gauche ou le centre) au motif qu’ils refusent (les Islandais) de payer les conséquences de l’incurie des gouvernants qui ont mené à la crise….
    Ils ont mis en place une Constituante composée dde 25 citoyens, non élus, chargés de mettre sur pied une nouvelle constitution.

    Les partis politiques ne réussissent qu’à diviser les Français (en période de crise ou non)

    Ilaginez un résultat avec au lieu de 60% d’abstentions, 60% de vote blanc. Cela ne change peut-être pas grand chose au résultat puisque même avec 3 électeurs s’exprimant (sur 1000), il y aurait quand même un élu avec 66 % des voix (mais combien dérisoire par rapport aux inscrits, c’est à dire aucune représentativité).
    Mais cela change sur le fait que 998 sur 1000 électeurs (99,8 %) disent qu’ils ne veulent ni de A ni de B. Et là les politiques seraient contraints de changer leur politique, car ils n’aiment aucunement les désaveux.

    Kelly-Eric Guillon

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