Sondage : « L’information présentée par les médias engagés est-elle objective et digne de confiance ? »

Ecrit par Pierre Braun le 9 juillet 2010

Je vous invite à venir répondre à un petit sondage que je fais sur ma page LePost.fr :

« L’information présentée par les médias engagés est-elle objective et digne de confiance ? »

Le site Mediapart subit quelques turbulences actuellement avec l’affaire Woerth / Bettencourt. La majorité les accuse d’instrumentaliser l’affaire pour des motifs politiques. On se rappelle aussi du départ (forcé) des deux éditorialistes Guillon / Porte. Sans doute pour avoir été trop loin sur le terrain politique là aussi. La question est de savoir si la presse et les journalistes clairement engagés rendent l’information de manière objective et si on peut donc se fier à ces informations.

Pour venir y répondre et exprimer votre avis, cliquez ici :

www.lepost.fr/perso/pbraun

Je publierai les résultats sur mon blog dans quelques jours, accompagné de mon commentaire personnel.

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Stop aux idées reçues à propos de Villepin : non ce n’est pas un centriste !

Ecrit par Pierre Braun le 8 juillet 2010

Le 19 juin dernier, Dominique de Villepin lançait  son mouvement : République Solidaire. Ce nouveau parti est une composante de l’UMP. Pourtant, depuis quelques mois, l’ancien Premier Ministre et son entourage essayent de se donner une image modérée, une image de… centriste ! Et le pire c’est que le message a l’air de s’installer dans l’inconscient collectif. Il semble donc important de faire quelques constats afin de rétablir la vérité.

Non Dominique de Villepin n’a pas des idées centristes. Il est le vrai fils de la famille gaulliste et c’est une chose que je respecte. Dans la droite ligne d’un Chirac, il a cette fibre sociale particulière tout en acceptant les règles du libéralisme mondialisé. Il est de droite et c’est tout. Ce n’est pas un gros mot et justement je ne suis pas à l’aise avec les gens qui ne s’assument pas. C’est un délire de communicants (avec tout le respect que j’ai pour les communicants !) de vouloir le repeindre en centriste.  C’est une posture politicienne. Évidemment, tout le monde aura compris que c’est le seul créneau politique à occuper pour lui en ce moment, en préparation des présidentielles, mais c’est une tromperie. L’homme du CPE, celui qui était sourd aux alertes de la rue et des élus (dont il ne fait pas partie) n’est pas centriste.

Non on ne peut pas dire Villepin-Bayrou « même combat » : oui ces deux hommes ont des points communs. Ils ont tous deux démontré des qualités de combativité, une grande pugnacité. Ils partagent sans nul doute une idée de la France et de la place que notre pays doit tenir sur la scène internationale. Tous deux ambitionnent la Présidence de la République et sont des concurrents offensifs de Nicolas Sarkozy. Pourtant, de nombreuses choses les séparent, à commencer par leurs idées et leur philosophie politique. L’un est gaulliste, l’autre démocrate(-chrétien). François Bayrou veut gouverner avec toutes les forces constructives et républicaines, alors que Dominique de Villepin est l’homme d’un camp et en cas de victoire il serait aussitôt tenu par l’appareil UMP.

Non Dominique de Villepin n’est pas contre le bipartisme et pour cause : il est adhérent de l’UMP. L’UMP, c’est à dire l’incarnation du bipartisme. Ce parti est né sur les ruines du RPR, de la volonté de réduire la vie politique à l’UMP et au PS. L’ironie c’est qu’il est bloqué aujourd’hui par un bipartisme dont il aura absolument besoin s’il devient Président de la République. Il n’est donc absolument pas idéologiquement contre le bipartisme mais a  juste un problème conjoncturel avec ce système.

La communication doit être au service de l’action politique. Je trouve grotesque d’aller faire le tour des fermes pour se repeindre en Chirac et de se faire passer pour un centriste parce qu’il y a un créneau à occuper. Au fond, je pense de toutes façons qu’il n’ira jamais jusqu’à une candidature à l’élection suprême, il n’en aura pas les moyens et aura atteint son objectif minimum : faire monter les enchères dans son parti pour exister de nouveau au premier plan.

Je n’ai rien contre l’homme Dominique de Villepin dont je garde l’image de celui qui a incarné les valeurs de la France lors de son discours enflammé à l’ONU à propos de la guerre en Irak. Il a ce jour là montré qu’il avait l’étoffe d’un Chef d’Etat. Néanmoins, il ne représente pas pour moi  la famille centriste à laquelle je voue mon engagement et n’en a pas les idées..

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Le (re)nouveau Bayrou me plait !

Ecrit par Pierre Braun le 6 juillet 2010

Depuis quelques temps, je sens François Bayrou dans un nouvel état d’esprit. Ce n’est pas un virage. Non. Tout en gardant ses convictions et l’indépendance politique voulue dès 2005, il adopte l’attitude et le discours d’un homme en responsabilité. Cette idée me plait.

Sur les retraites, François Bayrou n’a pas rejeté en bloc la projet du Gouvernement et a au contraire essayé de faire des remarques constructives. On ne peut pas dire que ce sujet soit simple et que l’urgence de ce dossier soit directement la faute de la majorité présidentielle actuelle puisque c’est l’héritage des 20 dernières années de gouvernement. La critique frontale (utilisée depuis 2007) n’aurait pas été de bon ton. L’opposition utile, voilà ce qu’attendent les gens !

Idem sur l’affaire Woerth. Que ce qu’on reproche au Ministre soit vrai ou pas, force est de constater que depuis un mois le Parti Socialiste lui trouve une casserole chaque jour et qu’aucune n’a été prouvée… ça laisse songeur. Tant je dénonce les « largesses » scandaleuses de certains avec l’argent public, je n’aime pas qu’on salisse un homme en bafouant sa présomption d’innocence. S’il était mis en examen les choses seraient différentes, il devrait sans doute démissionner, mais ce n’est pas le cas.

Sobre, responsable, exemplaire, constructif : voilà le profil des femmes et des hommes politiques dont on a besoin. François Bayrou montre de nouveau qu’il en fait partie. Tant mieux. Je n’en ai d’ailleurs jamais douté.

Un clin d’œil à un camarade blogueur qui a fait un article dont je partage l’esprit  : l’hérétique.

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Joyandet et Blanc démissionnent : un écran de fumée… déjà pas si mal !

Ecrit par Pierre Braun le 5 juillet 2010

Ce dimanche, on apprenait la démission de deux ministres : Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat à la Coopération et Christian Blanc, chargé du développement du «Grand Paris». Ces deux ministres avaient eu quelques tourments médiatiques au moment de la révélation de « largesses » avec l’argent public.

Le premier s’était fait épingler pour avoir pris un jet privé aux frais de l’Etat sans nécessité réelle ainsi que pour un permis de construire « bidon » et le second s’était vu payer 12000 euros de cigares par… le Trésor Public !

Bref, si vous voulez une explication au sondage Viavoice du jour qui indique que 64 % des français considèrent les dirigeants politiques « plutôt corrompus », vous l’avez ! Avec de telles pratiques étalées dans la presse, les citoyens ne croient plus en aucun de leurs représentants, et on les comprend. Pourtant la grande majorité des élus ne sont, heureusement, pas comme ça.

Dans d’autres pays européens, les ministres auraient démissionné sur le champ ! En France, il faut attendre qu’Eric Woerth ait besoin d’une diversion pour que l’on demande à ces deux ministres de démissionner… et encore ! En effet, la version des deux présumés divergent de celle de l’Elysée. On ne saura sans doute jamais si on leur a demandé de démissionner ou si c’est une initiative personnelle.

A la décharge de la majorité, il vaut mieux ces deux démissions que rien.  Par ailleurs, le PS souhaite maintenant la démission d’Eric Woerth mais je crois qu’il faut rester prudent sur ce dossier car aucune preuve concrète n’est encore sortie à ma connaissance. Je n’aime pas qu’on prenne pour argent comptant tout ce qu’on peut lire ici ou là… même quand l’information satyrique parait indiscutable…

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Que penser de la réforme des retraites ?

Ecrit par Pierre Braun le 3 juillet 2010

1- La réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée. Il s’agit de la première des trois réformes que nous devons concevoir pour la France, retraites, santé et dépendance, finances publiques. Soutenir devant les Français cette démarche réformiste, c’est un acte de courage nécessaire. Si la France ne réussissait pas à conclure cette réforme, à la rendre humainement acceptable par tous, ou si la réforme était insuffisante, alors le pays se trouverait en danger.

2- Avant tout, la réforme des retraites doit s’accompagner d’une conquête de la production et donc d’une reconquête du travail tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail. L’absence d’une réflexion et d’une politique compréhensibles par les Français sur une stratégie industrielle, agricole, agro-alimentaire, des services, ou touristique, de notre pays se fait cruellement sentir. Si l’activité productrice de la nation est trop faible pour créer de l’emploi, pour les jeunes autant que pour les seniors, alors toutes les réformes échoueront.

3- Cependant, pour sauver les retraites par répartition, la réforme ne peut éviter de répondre au défi démographique. C’est le rapport déséquilibré entre le nombre des actifs et le nombre des pensionnés qui crée l’urgence. Le nombre des actifs ne cesse de baisser, notamment, c’est vrai, en raison de l’actuelle crise économique. Le nombre des pensionnés ne cesse d’augmenter, sous l’influence de la longévité, du dispositif « carrières longues » et de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations de l’après-guerre.

4- Nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite de 60 à 62 ans. Si on choisissait de ne jouer que sur l’augmentation de la durée de cotisation, on créerait une situation dans laquelle tous les Français qui ont fait des études, tous ceux qui ont eu des carrières incomplètes seraient condamnés à ne pouvoir partir à la retraite que dans la zone des 70 ans ! Pour tous ceux qui seraient contraints de partir à la retraite avant cet âge, ce serait des retraites réduites, des pensions insuffisantes.

5- Trois conditions de justice doivent être satisfaites pour que la réforme soit acceptable par les Français. La première, c’est l’ouverture d’une retraite plus précoce pour les salariés entrés dans la vie professionnelle très tôt. Sous réserve d’expertise, la proposition de maintenir l’âge de 60 ans pour les carrières longues (entrée dans la vie professionnelle avant 18 ans) nous paraît raisonnable.

6- La proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à une invalidité constatée de 20 % donnant lieu de surcroît au versement d’une rente pour maladie professionnelle ou accident de travail n’est pas recevable. Pour nous, la pénibilité doit être prise en compte, à l’image des accidents du travail, par une caisse autonome, alimentée par les entreprises au prorata des risques qu’elles font encourir à leurs salariés ce qui entraînera une évolution vers des parcours professionnels diversifiés et les incitera à augmenter la prévention.

7- La volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est inacceptable ! 62 ans oui, 67 ans non ! Ce sont les salariés les plus fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler après avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont « galéré » qui se trouvent ici en cause. Cette décision repose d’ailleurs sur un artifice comptable : quand elles font valoir leurs droits à la retraite un très grand nombre de ces personnes ne travaillent plus ; elles sont au chômage, en fin de droits, aux minima sociaux ou sans ressources. Ce sont donc les caisses chômage ou les budgets sociaux qui doivent assumer la charge de leurs ressources.

8- Manque dans la proposition du gouvernement une orientation de justice très attendue des Français : l’égalité devant la retraite. L’unification des régimes de retraite doit lever les injustices si profondément ressenties par nos compatriotes : régimes spéciaux ; fonctionnaires par rapport aux salariés du privé ; travailleurs indépendants ; parlementaires ; retraites « chapeau ». Ces avantages plus ou moins secrets ou discrets font régner un sentiment de profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits acquis dans le passé mais donnant à tous les mêmes règles pour l’avenir permettra de corriger les injustices et mettre fin aux privilèges. Nous croyons que la transparence généralisée, l’individualisation des droits, la connaissance de ces droits à tout moment de la carrière, le libre choix de la retraite à partir d’un âgelégal, la simplification des régimes entraînant des gains de gestion, « retraite par points », ou par compte individualisé, doivent être l’horizon proche de nos systèmes de retraite.

9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous une très lourde préoccupation. En particulier « l’augmentation » de 1 % (de 40 à 41 % !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés, épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste, proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie exonérés.

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